Reportage en Amazonie...

CONNAISSEZ VOUS LES SERPENTS?

Un jour, j'accompagnais des personnes en randonnée dans les Pyrénées et je vis, l'un d'eux, taper violement le sol de son bâton. J'ai eu juste le temps de sauver une petite couleuvre, totalement inoffensive pour l'homme.
J'ai attrapé ce serpent à la main et j'ai montré à cette personne la dangerosité...de son acte.
Je me suis aperçu que l'ignorance, le doute et la stupidité rendaient les gens cruels.



Tous êtres vivants ont le droit de vivre sur terre et chacun apporte son tribut dans se monde. Connaître les animaux ou la forêt, c'est les protéger.

Les serpents sont des animaux à sang froid et leurs apparitions remontent au crétacé soit 120 millions d'années avant l'apparition de l'homme. Ce sont des dérivés du lézard qui, devenant fouisseur, virent leurs membres s'atrophier puis disparaître. Ils n'ont ni paupières, ni oreilles.
Leurs mâchoires, constituées d'os, ne sont pas soudées mais reliées entres elles par des ligaments élastiques ce qui leur permet d'ingurgiter leurs proies toujours vivantes en les avalant. La salive, plus ou moins toxique suivant les espèces, participe comme le venin, à la pré digestion de la proie par une destruction des tissus.Les serpents peuvent être ovipares (ponte d'œufs), ovovivipares (l'œuf est incubé dan l'oviducte de la mère et l'éclosion ayant lieu en même temps que la ponte, les petits sortent de la mère déjà formés) ou vivipares (pondant des petits vivants).
Ils sont malentendants et myopes. Cependant ils possèdent l'organe de Jakobson, beaucoup plus important et sensible que l'organe olfactif. Leur langue fourchue sort sans cesse de leur mâchoire afin de recueillir des particules se trouvant dans l'air ou sur le sol. Ces particules sont ensuite analysées dans un petit laboratoire hyper sensible placé au palais. C'est grâce à cet organe et aux particules recueillies que ces animaux pistent leur proie ou leur partenaire, et reconnaissent leur environnement immédiat.
Les serpents ont un besoin vital de chaleur, d'espace et de nourriture. Ces trois conditions sont réunies en Amazonie où la densité humaine est très faible et où foisonne la faune spécifique des forêts ombrophiles. Pourtant nulle part ils ne pullulent. L'Inde, l'Australie, certaines régions d'Afrique, les déserts et forêts d'Amérique du Nord connaissent des densités serpenticoles beaucoup plus élevées.


LES ESPECES :

  • Les Typhlopidés, Leptotyphlopidés et les Aniliidés :
    Ces trois espèces regroupées ici par souci de simplification ne se distinguent que par quelques détails perçus seulement par le scientifique. Ce sont des serpents semblables à des vers de terre Ils sont fouisseurs et vous ne les verrez que rarement en surface. Craintifs et totalement inoffensifs ils ne cherchent pas à mordre lorsqu'on les saisit.
    Ils sont ovipares et insectivores. Seuls les Aniliidés sont vivipares.

    Les Boïdés:
    Ce sont les plus gros serpents du monde et peuvent atteindre 10 mètres pour 200 Kg (Anaconda).
    Les boas et anacondas tuent leurs proies par asphyxie et non pas par écrasement. Vivant le plus souvent en milieux aquatiques (marécages, berges des criques calmes) ils sont tous d'excellents nageurs et des espèces plus petites sont arboricoles (boa émeraude).
    Malgré leur taille, leur puissance et leur mâchoire bien armée, les boïdés ne constituent en rien des ennemis pour l'homme. Au contraire, leur présence prés d'une habitation n'apporte que bénéfices par la destruction de petits nuisibles qu'elle induit.

    Les Colubridés:
    Ces couleuvres se sont adaptés à tous les milieux : terrestre, arboricole ou aquatique. Elles sont très nombreuses en Guyane, peuvent atteindre 3 mètres. Elles se nourrissent de grenouilles, insectes, petits rongeurs, oiseaux etc.
    Certains, comme le Clelia cloelia (nom local : Mussurana) s'est spécialisé dans la capture de serpents, même les plus venimeux comme les crotales dont lui ne craint pas la morsure. Il peut être pourtant manipulé par l'homme sans problème comme la plupart des colubridés.


    Nous distinguons deux sous-familles :
  • Les colubrinés : non venimeuses
  • Les Boïginés : Petits crocs à l'arrière de la mâchoire, très légèrement venimeuses pour leurs proies habituelles mais totalement inoffensifs pour l'homme.

    Les Elapidés:
    Ils mordent et sont venimeux avec des crocs fixes en avant. Leur venin est généralement neurotoxique (attaque le système nerveux). Leurs morsures sont souvent indolores (rappelons-nous le suicide de Cléopâtre).

    Les Vipéridés:
    Ils sont présents partout dans le monde, sauf en Australie, et se divisent en deux grandes sous-familles:
  • Les Vipérinés dans l'ancien monde
  • Les Crotalinés dans le nouveau monde

    Ces deux sous-familles sont essentiellement distinguées par l'existence chez les crotalinés d'un organe des sens supplémentaire (fossettes caloridétectrices) qui leur permet de percevoir les rayonnements de basse fréquence émis par les animaux à sang chaud.
    Ces détecteurs de rayonnements thermiques alliés au système venimeux très élaboré de tous les Vipéridés en font les serpents les plus développés.
    Sa tête est généralement triangulaire et large pour contenir des poches à venin de grande capacité. Ces longs crochets (pouvant atteindre 5 cm) sont repliés en arrière afin qu'ils puissent fermer leur mâchoire.
    Le plus souvent terrestres ou arboricoles, ils ne fréquentent pas volontiers l'eau.
    Leur venin est hémotoxique (détruit les globules rouges et les tissus vasculaires). Certains, comme le Crotale des tropiques ou Durisses (rare en Guyane), possèdent un venin hémo-neurotoxique.
    Le plus commun en Guyane est le Bothrops atrox (nom local : grage, le grage est également une râpe à manioc. Son coté rugueux fait penser à la peau du serpent d'où son nom).
    Ces Crotalinés chassent à l'affût. Ils piquent sans chercher à retenir leurs proies qui iront s'effondrer plus loin. Grâce à leur organe de Jacobson, ils retrouvent, avec aise, leurs victimes et l'avalent.

    Nulle part dans le monde les serpents n'attaquent l'homme. Certains plus agressifs, chercheront d'abord à fuir, voire à intimider par des postures spécifiques. Seules une maladresse, ou une provocation délibérée de l'homme l'inciteront à se défendre en piquant ou en mordant.

    D'après les statistiques hospitalières de ces 23 dernières années (1977 à 2000), il n'y a eu en Guyane que trois décès par morsure de serpent. Tous étant survenus plus de 24 heures après l'accident. Au cours des 10 dernières années, la France métropolitaine présentait, selon les années, 5 à 10 morts par morsure de vipères. Contentez-vous de les photographier ou de les observer. Respectez-les.



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