Reportage en Amazonie...

La mairie de Saül a créé et balisé quatre chemins de randonnée en boucles. Gros-arbres, roche-bateau, La fumée et bœuf-mort. Ce sont des randonnées d'une quinzaine de kilomètres environ à l'exception de gros-arbres qui fait 5 Km. Un cinquième sentier est en cours de balisage. Il s'agit de Galbao qui, par contre, est beaucoup plus long que les sentiers précités.
Il existe également un autre chemin, assez large, nommé Bélizon. Il vous mènera au gîte les eaux claires. D'une longueur de 8 Km [aller/retour], cette randonnée est très facile et vous permettra de vous acclimater à la forêt.
Un plan de ces parcours pourra vous être donné sur place.

Quelques conseils : Faites ces randonnées en chaussures de montagne ou bottes. Baskets ou chaussures aérées à proscrire. Emmener toujours un poncho. Le beau temps que vous observez peut se transformer en un déluge. Beaucoup boire. 2 à 3 litres par jour (très important)

Je précise à mes lecteurs que ce que j'ai rencontré en forêt n'est nullement recherché. Vous trouverez ces trésors, et certainement plus, en faisant vous-même ces randonnées. Il n'est pas besoin de faire des kilomètres pour assouvir votre curiosité. Sachez observer, écouter et prendre votre temps.

Il est intéressant également de vous faire accompagner par un guide de brousse qui vous fera découvrir des choses qui vous serez passées inaperçues, sans lui. Je vous conseille Stéphane PLAINE, guide depuis 10 ans qui conjugue expérience et sérieux. Son site : http://www.guyane-randonnees.fr
Ces randonnées, que j'ai effectuées seul, ne demandent pas une condition physique exceptionnelle mais un esprit sportif.

La forêt ombrophile est impressionnante (cliquez ici) entendant, de temps à autre, des bruits qui nous sont totalement inconnus. Il y fait plus frais qu'en milieu découvert.
Les arbres (1200 espèces) d'une hauteur de 30 mètres et plus, développent des contreforts (cliquez ici) afin de mieux se stabiliser. Le figuier étrangleur, le fromager, le canarie macaque, l'angélique, l'amarante (bois violet) etc, sont tous des bois à plus ou moins forte densité. Certains sont précieux et d'une remarquable beauté.
Au sol, la végétation n'est pas dense et l'on peut voir différents arbustes comme les counanas (cliquez ici) ou mélastomatacés qui est le seul fruit comestible à porté d'homme (cliquez ici).
Les fleurs sont rares et votre regard sera de suite attiré par une couleur autre que le vert (cliquez ici). On s'aperçoit que tous mènent un seul combat, la recherche de la lumière. Certains développent des stratégies fantastiques pour atteindre la canopée.
A terre vous pourrez découvrir un terrier de tatou (cliquez ici), trou de theraphosa leblondi, qui est la mygale la plus grosse du monde, reconnaissable à sa petite toile au devant (cliquez ici), l'impressionnante autre toile de l'araignée Harmonicon audeae (cliquez ici), également de véritables tranchées faites par les fourmis Attines (cliquez ici) ou simplement des fruits comme le peigne macaque (cliquez ici).
Parfois la nature sculte des œuvres d'arts (Cliquez ici) et avec ces fruits, comme la calebasse, l'homme peut trouver source d'idée. (Cliquez ici).

J'ai pu observer des singes hurleurs, des vols de perroquets aras, (cliquez ici) des toucans, serpent liane (colubridé arboricole) d'un vert émeraude qui est venimeux mais ne représente aucun danger pour l'homme, nid de mouches tatou (cliquez ici), pécaris, pepsis (sorte de grosse abeille noire), termitières (cliquez ici), grenouilles (cliquez ici) et toujours entouré du ballet incessant des papillons morpho d'un bleu métallisé dont la beauté n'est représentée que dans les contes de fée (cliquez ici).
Certains animaux sont représentés par des photos. Les autres, visions éphémères, resteront uniquement gravés dans ma mémoire.
Sur les sentiers, vous longerez des cours d'eau limpides qui doivent leur couleur ambrée grâce à son fond sablonneux (cliquez ici). Il est tout à fait possible de s'y baigner (cliquez ici) voire de la boire (cliquez ici). Vous découvrirez, également, sur les rochers des polissoirs Amérindiens (cliquez ici) et sur son bord, dans la boue, des traces d'animaux.

Il est surprenant de voir que certains noms donnés par l'être humain viennent d'une image ou d'un fait découvert sur place Comme par exemple le sentier roche/bateau ou un énorme rocher donne l'apparence d'un bateau (cliquez ici). Il nous sera beaucoup plus facile de retenir ce genre de nom que l' Oxybélis Fulgidus qui est tout simplement le serpent liane.

CONCLUSION

Je tiens tout d'abord à remercier : Jacky (merci pour la dent de Pécari, elle orne maintenant mon cou), Cathy (de Cayenne), Stéphane et Isabelle PLAINE, Chantal, Philippe et Fabien (du gîte chez Fred), Cassis, Jacques, Mélanie et Christophe, Marcel, Bernie, Stéphanie, Tommy, Gaëtan, Christian, Sylvie son épouse et Pacôme (leur fils). (du Gîte Kanawa) pour leur gentillesse, leurs histoires et leurs renseignements.

Il est navrant de constater que toutes les régions du monde sont sujettes, un jour, à se développer. Autant le faire dans l'écotourisme que dans l'industrie, mines d'or ou l'agriculture intensive. Habitants de Saül : votre protection vient tout d'abord de votre isolement et des rotations restreintes des avions d'air-guyane.
Le jour où se créera une route, reliant Cayenne à Saül, votre fin commencera.

Fin novembre 2004

Je m'habitue très facilement à ce rythme. Sans montre, je vis au fil de ma faim et de mon sommeil. Parfois, je demande l'heure car je me sens un peu perdu. On s'aperçoit dans ces cas là de son utilité. Mais je me pose toujours la question [pourquoi faire !]. En métropole, nous sommes régulés par le temps que l'on aime bien voir passer. Ici, ce n'est pas le cas. Lorsqu'on entend l'avion d'air-guyane arriver, nous savons qu'il est 14H00 et lorsque la nuit tombe, nous savons qu'il est 19H00. Cela suffit pour ne pas rater un rendez-vous.

C'est mon dernier jour à Saül. De tout mon séjour, c'est la seule fois qu'il pleut. Je sens la saison des pluies qui approche. Il est 15H00 et je suis dans le carbet de Philippe qui est en train de dormir dans son hamac. Cassis et Fabien jouent au échec. Je balaye de mes yeux ce panorama sur 360 °. La vision que j'ai, est très sombre à cause du rideau de pluie. Une musique classique donne une ambiance sereine. Je repense aux gens que j'ai connu ici puis à ma fille, mes parents et mes amis qui m'attendent. Je suis content d'être venu, je suis content de repartir et je serai heureux de revenir.

J'ai passé les deux derniers jours à Cayenne afin d'acheter des cadeaux. J'ai appris qu'il avait encore neigé de 25 cm dans les Pyrénées.
Maintenant, je suis dans l'avion qui me ramène et repense à quelques chiffres : +30, +9, -6. Qu'il est bon, également, de rentrer chez soi. Je vais retrouver ma famille, ma chienne Cirka, mon chalet, ma montagne, l'air frais, le ski. Mais c'est avec un peu de nostalgie que je laisse Saül.

J'aperçois maintenant, au loin, les montagnes Pyrénéennes d'une blancheur immaculée ainsi que le ciel d'un bleu pur que j'avais quitté.

Bienvenue en France, Perpignan, aéroport de Rivesaltes.

Saül, je reviendrai………………………..
ERIC



Texte: Eric et Mylène DELAIRE
Photos: Eric DELAIRE - Sandsao VENTRE
Création site: Jean VILLALONGUE Webs-designer.com



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